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24/07/2008 22:59:40

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Les Allonges d'Ecubiers

 

 

Pour l'instant, seul le Chantier est construit :

 

Pour pouvoir faire les Allonges d'Ecubiers correctement, voici le "mode opératoire" des gabarits à faire, des photos parlent mieux qu'un long discoure :

ensuite découpez

(photos de la Renommée, mais toutes les Allonges ce ressemblent)

La théorie suivant les Livres :

 

Réalisation du massif des écubiers

 

Plaçons la quille surmontée de son étambot, ses barres d'écusson, la lisse d'hourdi et la barre d'arcasse dans le chantier.

Rappelons-nous que la quille n'est pas encore collée au brion.

Posons maintenant l'étrave (qui est assemblée et collée au brion et renforcée par sa contre-étrave collée).

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Sur sa contre quille, les entailles pour le repos des talons des couples sont déjà façonnées. Sur l'exemple photographique ci-contre (nous en avons déjà parlé), il faut inverser l’ordre des entailles. Le repos à plaquage réservé aux oreillers dans le deuxième plan de la charpente doit être beaucoup moins profond, alors que pour l’entaille à margouillet, les épaulettes ne sont pas indiquées. Voyons l’exemple ici dessous, tiré du Bonhomme Richard, les entailles à margouillets sont données correctement jusqu’aux couples dévoyés avant. Mais voyons plutôt ce sujet à l’article le concernant.

Nous avons maintenant le choix pour continuer; soit on place le petit massif qui se trouve à la base de certaines allonges, soit on place le premier couple droit de l’avant .

Plaçons le premier couple droit de l’avant. N’oublions pas que la varangue est dirigée vers le maître-couple, et que le maître-couple est tou­jours compris dans les couples de l'avant (quand il n’y en a qu’un). Donc la varangue elle aussi est dirigée vers l'arrière du navire. (Si nous avons deux maîtres cou­ples, le second maître fait partie des couples de l’arrière et dans ce cas sa varangue est dirigée vers l’avant du vaisseau).

Cette règle sera toujours appliquée pour tous les modèles que nous réaliserons, sauf contre-indication, (comme pour les varangues acculées), il est toujours bon de relire l'article

sur la décomposi­tion du couple

 

Après avoir réalisé le premier couple droit, traçons le repère de la ligne d'eau N° 14. Nous savons que ce repère doit correspondre avec la surface supérieure du chantier. Indiquons aussi, sur le cou­ple, les lignes d'eau 5, 10, 15, 20 et 25.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la feuille de plan N° VI figure B, on trouve des sections du massif des écu­biers. Ces sections permettent de réaliser jusqu'au delà du couple droit, deux gabarits des formes intérieures des allonges d'écubier.

Ces gabarits ont plus ou moins la forme triangulaire.

Toutes ces sections données sur la feuille de plan correspondent aux lignes d'eau de construction, celles-ci sont repérées par des chiffres multiples de cinq.

Sur une planchette de faible épaisseur (un contre-plaqué de 3 mm), réalisons les deux gabarits, ceux-ci sont représentés aux lignes d'eau N° 10 et 20, figure B.

Après leur façonnage, nous marquons sur leur face supérieure tous les repères de position des allonges plus le couple dévoyé et le couple droit.

On biseaute sur l'épaisseur des gabarits, de manière à obtenir un contact intime avec la surface supérieure des gabarits et les allonges d’écubiers qui vont venir butter contre (puisque seule la partie supérieure de ces gabarits représente le niveau de la ligne d'eau). Voyons les exemples donnés par les photographies. Ceux-ci doivent être correctement placés et théori­quement à l'horizontale, de toute manière les repères sont là pour contrôler. Une goutte de colle cyanolite, aux coins de chaque gabarit suffit pour les maintenir à leur place.

Positionnement du premier couple droit de l'avant

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Sur l'étrave, de chaque bord, nous avions précédemment inscrit toutes les lignes d'eau ou les repères multiples de cinq.

Comme il a déjà été dit, la hauteur ou le niveau du couple doit se régler dans le chantier du vaisseau (tous les couples du vaisseau seront placés de cette manière).

Dans le chantier, la quille est donc pla­cée, l’étambot positionné avec ses barres d’écusson en place, l’étrave est collée au brion et fortifiée de la contre-étrave, les entailles de la contre-quille réalisées, le dégrais­sage de la face intérieure de la râblure terminée, bref tout est en place.

On place le premier couple droit à l'endroit qui lui est assigné dans le chantier, on contrôle la ligne d'eau N° 14 bâbord et tribord indiquée à chaque branche de ce couple. Si nécessaire, on travaille la base du couple (c’est la raison pour laquelle il faut placer les oreillers après ce réglage), jusqu'à ce que le trait repère de la ligne d'eau N° 14, indiqué sur ses branches se trouve à niveau avec la face supérieure du chantier.

Le perpignage se fait automatiquement avec le tracé marquant la maill.e indiqué sur la partie supé­rieure du chantier. (Je rappelle que toutes les membrures doivent porter ce repère, afin d'ajuster leur hauteur sur la quille, ce repère est à tracer soi-même, voyons la réalisation des couples). 

Le couple étant à bonne hauteur sur la quille, mettons-le d'aplomb en le plaçant en regard de ses repères indiqués sur la surface supérieure du chan­tier. Si tout coïncide parfaitement, on peut coller définitivement la base de ce couple. Le billot ou l'oreiller du couple, à ce stade, n'est pas indispensable, mais rien ne nous interdit de le placer. Sur la pho­tographie, nous voyons qu’il est en place dans le premier plan, ce qu’il faut éviter puisque la varangue doit toujours se trouver dans le premier plan de charpente. Le couple placé dans ses repères et collé, on le laisse ainsi sécher.

Après séchage, retirons du chantier toute la partie avant via le brion, et au moyen d’un étau fixons-le à la table de travail, ce qui permettra de fignoler avec aisance cet important massif d’allonges.


 

 

 

 

 

 

 

Maintenant, nous pouvons placer une planche d'ouverture (voyons ce terme), pour maintenir l’écartement du couple à son sommet. Sur le milieu de cette planche, on trace le trait d'axe du couple de manière à pouvoir contrôler sa symétrie par rapport à l'axe de la quille. Il faut respecter ce point de détail, car il reste par­faitement visible si une partie ou l'entièreté de la charpente du modèle reste a découvert. Plaçons le billot ou l'oreiller derrière la varangue (si cela n'est pas encore fait). Il est à noter que l'oreiller est en plusieurs pièces (parfois 3 et même plus), et que seul la partie portant sur la quille a la direction du fil du bois dirigé verticalement. Dans les exemples donnés ci-avant, les deux apô­tres sont déjà en place, cela n'a aucune importance et ne gène en rien le travail. Nous avons remarqué sur la photographie précédente que les gabarits triangulaires portaient les traces de trait délimitant l'espace de chaque allonge. Quant à la planche d’ouverture, elle est visible et ne dévoile pas le trait d’axe inscrit sur le sommet.

 

Réalisation du petit massif de proue

 

Notre ensemble, étrave et couple droit, est maintenant prêt à recevoir les allonges avec à leur base, le petit massif d'allonges d'écubiers.

Sur la planche N° 5, du Boullongne, on trouve l'emplacement du petit massif des allonges d'écubiers. La hauteur de ce petit massif est délimité par les traits A et B, il suffit de mesurer l'espace entre les lignes d'eau de A et de B sur l'étrave pour obtenir sa position correcte.

Toutes les lignes d'eau sont à inscrire sur les allonges d'écubiers, puisque les mailles (pour l'aération des bois), sont en parfait alignement direct avec celles-ci.

Beaucoup de précision dans le tracé fa­vorise une réalisation parfaite du modèle, ne l'oublions pas.

La technique utilisée pour sa confection est semblable à celle utilisée pour la lisse d'hourdi. Après la découpe dans les deux plans, ce petit massif sera achevé sur l'étrave après qu’il soit collé; bien sûr, il est possible de le dégrossir plus ou moins dans ses bonnes proportions avant de l'appliquer sur l'étrave.

 

 

 

Réalisation

 

 


  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

On réalise un parallélépipède rectangle légè­rement plus grand que le massif.

On place le gabarit de la vue de face sur le champ du bloc (voyons l'exemple).

Après avoir tracé son contour, on trace d'équerre les repos des allonges et nous les projetons sur la face de profil. Cela permet de placer très correctement le second gabarit, comme sur la photo ci-contre. Nous consta­tons qu'au sommet de la courbe de dégrais­sement en 4", il reste encore de la matière jusqu'à l'angle du bloc. Ceci est prévu pour le trait de scie, ce qui permet de pouvoir re­constituer le bloc en ayant une bonne base.

Traçons maintenant la seconde figure c'est-à-dire la vue de profil et l’on indique tous les repère que l’on trace comme indiqué  sur l'exemple de la photographie. Plaçons le bloc sur la table de sciage de manière à pouvoir scier les traits d'équerrage de la vue de profil jusqu'à la figure de face. On scie donc les traits de la figure avec la courbe de dé­graissement, repérés 1 à 1', 2 à 2', 3 à 3', jusqu'à la profondeur de 1', 2', 3', atten­tion on ne pénètre pas dans la vue de face et le bloc doit rester entier. Ensuite, on retourne le bloc et l'on scie les traits repères 5, 5', jusque 1', ainsi de suite pour ob­tenir la vue de face.


  

 

 

 

 

 

 

  

On replace et on colle aux extrémi­tés les chutes de manière à refor­mer le bloc, on récupère ainsi le tracé de la courbe de dégraissement, la colle cyanoa­crylate est extraordinaire pour cet usage. Pour l'instant, nous avons toujours le bloc dans son entièreté. Le bloc étant parfaitement reconstitué, on scie maintenant la grande courbe de dégrais­sement repérée par le N° 4" et 4, la chute ne nous est plus nécessaire.


 

 

 

    

Le bloc étant toujours dans la même position horizontale sur la table de sciage, on découpe maintenant la partie qui n'a pas été entière­ment sciée lors de la première découpe c'est-à-dire, sur le champ les repères de 5" à 0' ensuite 5' à 0'; Ici, une remarque s'impose; en effet la découpe telle que nous l'avons tracée au moyen des gabarits, nous donne la position extérieure des allonges, alors que celles-ci forment pratiquement un demi-cercle.

Leur direction de plan à plan change à chacune d'elle en se prolongeant sur toute leur épaisseur sur le droit. C'est justement sur ce point que nous devons prati­quer la découpe. Il faut tenir compte du trait intérieur de l’allonge marquant son épaisseur.

A la place de scier les repères de 5" à 0,  on scie 5' à 0. Le biaisage du repos de l'allonge sera achevé manuellement, a l'aide du bistouri et seulement au moment de la pose de l'allonge, ce qui permet de suivre très correctement la direction que prendra celle-ci, et l'on poursuit ainsi pour les deux autres repos (voir les directions des allonges sur la figure ci-avant).

Nous avons ainsi l'un des deux petits massifs, nous pouvons main­tenant, au jugé, lui donner plus ou moins sa forme, mais à mon sens, il est préférable d'atten­dre la mise à leur place de toutes les allonges, une erreur est très vite arrivée.

 

La mise en place de ce petit massif est très simple puisque nous avons la courbe de dégraissage de la râblure avec le repère des lignes d'eau sont inscrits sur l'étrave même.

Détail de la planche N°5 de la monographie du Boullongne, toutes les lignes d'eau sont indiquées et peuvent être prolongées sur l'étrave. Sur une photocopie, il suffit de les prolonger sur l'étrave, découper le gabarit de l'étrave, de le placer sur le modèle pour reporter les repères voulus.

 

Ce principe, comme il a déjà été dit, sera souvent appliqué, il nous  per­met, -  un gain de temps, ce qui est toujours appréciable, - une rigueur beaucoup plus grande que celle de décalquer les pièces à façonner.

Les erreurs ou irrégularités que nous apportons en décalquant son généralement toujours plus importan­tes que celles dues à la photocopieuse ou à la réalisation de la pièce.

Il faut donc être très vigilant.


  

 

 

 

 

 

 

 

 

Les allonges d'écubiers.

 

 

La planche VI de la monographie du Boullongne donne les allonges côté tribord.

Terminées, les allonges d'écubiers ont la particularité d'avoir les faces dites sur le " droit" dans deux plans concourants. La projection en vraie grandeur de ces deux faces dans les plans concourants aurait provoqué un important déchet de bois. En effet l'angle formé par ces deux plans concourants n’est pas identique pour chaque allonge d'écubiers.

Il aurait été nécessaire de dresser une planchette suivant l'angle in­diqué pour chacune de ces allonges, avant de pouvoir tracer sur celles-ci les contours des gabarits laissés en une seule pièce et qui sont dé­nommés gabarit de gabariage. En outre, une partie de ces allonges n'aurait pas été parallèle au fil du bois, ce qui l'aurait rendue extrê­me­ment cassante. Pour pallier à cet inconvé­nient, toutes les allon­ges sont dessi­nées en vraie grandeur dans deux plans parallèles.


 

 

 

 

 

Lorsque la pièce sera entièrement terminée, suivant les deux plans parallèles, il suffira de dégraisser les faces de tour et seulement alors de poncer la face supérieure suivant l'angle renseigné par le plan pour ainsi lui donner la forme de couteau. Les gabarits sont réalisés comme pour les couples ils sont au nombre de trois pour chaque allonge, c'est-à-dire:

 

1)- La largeur commune aux deux plans ou l'échantillonnage.

2)- La largeur du plan supérieur, plan de gabariage face 2.

3)- La largeur du plan inférieur ou plan de gabariage du plan 1.

Dans la réalisation d'une allonge, Les deux premières phases sont identiques à un élément de charpente simple du couple.

Seule la mise en forme sera plus complexe puisque le matériel dont nous disposons prend une part importante dans la précision du biaisage des allonges.

Commençons par le gabarit N° 1, l'échantillonnage de l'allonge.

Ce gabarit est identique pour les pièces bâbord ou tribord.   Ces sections de gabarits, disposons-les sur une planchette dont l’épaisseur est égale ou légère­ment supérieure à celle renseignée au plan, et de telle manière que le fil du bois soit respecté sur toute la longueur de l'allonge.

Découpées, poncées à l'équerre et en maigre (voyons ce terme), comme pour les couples, toutes les sections d'allonges sont ensuite assemblées et collées à la colle blanche.

En fait, on applique la méthode déjà utilisée pour les couples c'est-à-dire: sur une photocopie, on dépose les sections, sur leur propre figure pour en respecter scrupuleusement la forme et le contour (si cela se fait sur le plan même, n'oublions pas de protéger celui-ci au moyen d'une feuille de papier calque).

On travaille donc les sections à l'équerre et en maigres, on ajuste les aboutements (très important), avant de les assembler et coller à la colle blanche.

 

Les allonges assemblées et parfaitement séchées, rectifions l'épaisseur sur le droit (voir le travail sur le droit.

Sur tous les gabarits des allonges, toutes les lignes d'eau multiples de cinq plus la ligne d'eau N° 14 doivent être renseignées pour ensuite être reportées sur les allonges elles-mêmes.

Réalisons maintenant les gabarits de gabariage. Ceux-ci vont nous permettre de dégraisser les allonges sur le tour, comme les couples (voir ce terme). Ce sont les gabarits indiquant les deux faces inférieures ou supérieures et dénommés gabarit de plan 1 et gabarit de plan 2, exactement comme pour les couples, le plan 1, fait donc face au maître couple. Ces gabarits ne sont pas sectionnés et restent entiers, d'une seule pièce.


  

 

 

        Photographie N/B  SEQ Photographie_N/B \* ARABIC 52 (1. Décomposition dde l’allonge ; 2, tracé du dégraissage ; 3, échntillonnage)

            N° 1.                                  N°2            

                                                                                                                    N°3                                                   

Sur les photographies ci-dessus, voyons en N°1, les sections non assemblées travaillées sur le droit et en maigre, les aboutements étant corrects. En N° 2, voyons la manière de gabarier la face N° 1 d'une allonge assemblée et travaillée sur le droit et en maigre, d’indiquer les lignes d'eau et de tracer le dégraissage. En N° 3, sur cette allonge, après ce gabariage, nous avons la matière à dégraisser situé à l'intérieur de la membrure puisque nous sommes sur le plan 1. Le gabarit a donc été positionné en alignement avec le contour extérieur de l'allonge, nous pouvons y voir les lignes d'eau multiples de cinq et la partie à dégraisser.

Nous pouvons aussi placer les deux allonges identiques, bâbord et tribord, sur la table de travail, dans leur vraie position. C’est-à-dire qu’elles prennent ainsi la forme du couple, nous pouvons alors gabarier deux allonges à la suite l’une de l'autre, utilisant alors le même gabarit, ce qui facilite le travail, évitant aussi les erreurs. Ou bien, il faut être attentif, visualiser le travail, le projeter visuellement dans l'espace en suivant son évolution, ce qui implique une connaissance approfondie du sujet, voilà le niveau auquel, normalement, nous devons parvenir.

Après avoir inscrit tous les repères sur la face 1, passons sur le plan 2 de la même allonge pour la tracer. N’oublions pas d'y indiquer la référence de l'allonge, par exemple le numéro de la face 2, côté bâbord ou tribord. Passons ensuite au gabariage de cette face. Le dernier gabarit se place sur l'allonge en superposant leurs lignes d'eau respectives.

Si les lignes d'eau ne correspondent pas, nous pouvons toujours les rectifier en contrôlant nos tracées sur l'allonge par rapport au plan, voyons l’exemple ici-dessous.


Tracés des lignes d'eau des allonges & vue en plan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

Sur la face de tour intérieur et extérieur, on tire un trait d'équerre de manière à prolonger le premier tracé d’une ligne d'eau de la face 1 en direction vers la face 2.  On vérifie ainsi toutes les lignes d'eau de la face inférieure avec la face supérieure, et on rectifie si nécessaire.

Pour tracer les lignes d'eau du plan (sur papier calque ou photocopie) sur une longueur d'au moins trois ou quatre allonges. On trace toutes les lignes d'eau ayant un rapport avec les mailles (voyons l'exemple du tracé en réduction ici-dessous). C’est le seul moyen que je connaisse pour indiquer les lignes d'eau sur la face des allonges : c’est la méthode que j'utilise, n'ayant toujours rien trouvé de mieux à ce jour. Cette méthode nous sera très utile pour obtenir un aligne­ment parfait des mailles dans les allonges

Revoyons ce qui vient d’être dit : (1) - On positionne les allonges terminées sur leur propre vue en respectant très rigoureusement les formes et contours. On les maintient de façon à pouvoir déposer une réglette par-dessus en parallèle avec le tracé des lignes d’eau. On trace ainsi les traits repères dans la bonne direction. De cette manière, il est très simple, au moment venu, d’obtenir toutes les lignes qui sont utiles pour terminer les allonges.

(2)- Au moyen d'un crayon à pointe fine, indiquons par un point repère, sur les deux faces de tour, l'endroit très précis de la ligne d'eau sous l’allonge. Ensuite aidé d'une équerre, et par rapport à ces repères, sur la face de tour, traçons un trait perpendiculaire d'une face à l'autre.

Avec une réglette, il reste à réunir sur le droit, ces repères pour obtenir très correctement les ligne d'eau. Il est évident que ce premier tracé doit être très précis, puisque la bonne position de nos gabarits dépend de la justesse de nos tracés.

 

Réalisons ainsi toutes les allonges d'écubiers, c'est-à-dire les huit allonges tribord et les huit bâbords.

 

Le couple dévoyé se travaille exactement de la même manière.

 

Voici, me semble-t-il le meilleur moyen pour ne pas confondre le travail de chacune d'elles: déposons sur la table de travail, à notre droite, les huit allonges tribord dans leur position réelle et leur ordre numérique, naturellement elles sont parfaitement travaillées sur le tour et le droit.

Leur forme est donc parfaitement correcte et conforme au tracé du plan.

 

Plaçons maintenant les huit allonges bâbord à notre gauche, de telle manière que la première allonge bâbord se plaçant vis-à-vis de la première allonge tribord donne la forme du couple dans son entièreté.

 

Sur les deux faces de chacune d'elles, traçons les repères des lignes d'eau multiples de cinq.

Cela étant fait, il faut gabarier la face numéro 1 de toutes les allonges, elles sont toutes dirigées vers le haut.

 

Pour traiter les faces N° 2, il reste à retourner toutes les allonges de manière à ce que les faces N° 2 posées sur la table de travail sont dirigées vers le haut; la face N° 1 étant alors sur la table Maintenant deux méthodes différentes sont possibles.

 

La première possibilité consiste à déplacer toutes les allonges du côté tribord et de les placer côté bâbord et vice versa, de façon à toujours avoir la forme du couple.

La seconde possibilité est aussi simple; on laisse les allonges bâbord et tribord du même côté, on leur fait faire simplement un demi-tour sur elles-mêmes.

Les bases, ou les pieds des allonges sont alors dirigés vers l'extérieur et ne forment donc plus l'apparence du couple.

 

Aucune erreur n'est possible en pratiquant avec l'une ou l’autre des méthodes décrites, puisque nous savons que la face N°1 est invariablement dirigée vers le maître-couple. Il en sera toujours ainsi pour tous les modèles que nous pourrions construire plus tard.

 

Traçons les deux faces de toutes allonges sans oublier d'indiquer toutes les références. Seulement alors, passons au dégraissage des faces de tour en utilisant l'une des méthodes décrites au chapitre du dégraissage.

 

Toutes les allonges dégraissées seront alors replacées dans la même position sur la table de travail de manière à poursuivre par le façonnage des mailles; elles sont à réaliser sur leur face N° 1, et cela à partir de la deuxième jusque la huitième allonge, bâbord et tribord.

 

 


 

 

 

                               Figure  SEQ Figure \* ARABIC 36 Premières allonges dévoyées

 

 

 

Première allonge vue de l'étrave

 

 

Voici la méthode qui à été employée pour gabarier toutes les allonges du Boullongne, le Bonhomme Richard, le Mercure, le Duc de Duras etc. Toutes les allonges tribord sont placées à droite, toutes les allonges bâbord à gauche.

 

Elles sont ensuite tracées puis retournées de manière à reformer la forme du couple, comme l'exemple ci-dessus. Si nous sommes attentifs, remarquons que la figure nous présente sa face 2, l'ensemble repose donc sur la face 1. Autrement dit, nous voyons les allonges de l'étrave. Le trait d'axe diamétral étant fictif, il n'est donc pas question d'en tenir compte pour l'assemblage, de même qu'il n'est pas possible d'assembler deux éléments bâbord et tribord en dehors du massif lui-même via l’étrave.

 

Outillage pour allonges d'écubiers

 


     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour réussir le biaisage des allonges, il y a plusieurs méthodes, aussi celle proposée n'est-elle pas exhaustive. Beaucoup d'entre-nous trouveront des trucs ou astuces à user pour l’améliorer, mais ici il ne sera expliqué que les deux façons, me semble-t-il, les plus intéressantes.

La perceuse ici dessous, sur la photographie, est à la base de toute la construction de mes modèles, excepté le Bonhomme Richard, c’est dire combien mon matériel est des plus simples, seules deux rotules ont été ajoutées pour parvenir à donner l'angle demandé à chacune des allonges à biaiser.

Pour travailler les allonges, plaçons le statif verticalement. Remplaçons le mandrin par un porte-lame afin d’y placer un disque métallique ou une lame, soit pour scier ou soit encore pour le ponçage. Si nous ne possédons qu’une lame de scie, alors nous y trouvons au centre la vis de fixation, collons sur la lame un disque en bois dont on a évidé le centre pour camoufler l’écrou afin qu’il ne gène pas au ponçage.

La table de travail est inclinable, et dans ce cas elle peut donner une certaine incli­naison qui ne dépasse pas 45° ce qui n'est déjà pas si mal, même si cela est encore insuffisant pour certaines ap­plications, comme la mèche de certains cabes­tans que nous verrons le moment venu.

Notre hobby est une passion exigeante qui, s’il nous procure énormément de plaisir, nous demande en retour beaucoup de qualités, et parmi celles-ci, il faut citer, un esprit inventif, ouvert, capable de ré­soudre les problèmes qui sont subitement posés. Alors, nous trouverons très certainement des améliorations à donner à la méthode décrite.

 

Si nous avons le matériel représenté sur l'exemple ci-contre, ou similaire, montons-le de manière à pouvoir donner l'angle demandé à chacune des allonges en inclinant soit la table, soit la per­ceuse.

Concernant le plateau à poncer, on peut prendre le petit plateau d'un tour à bois, sur ce dernier, coller un plus grand disque en contre plaqué ayant une épaisseur d'environ cinq millimè­tres, disque que nous au­rons réalisé nous mê­mes.

Il faut éviter qu'il y ait un balourd. De même, il ne faut pas que son rayon soit plus grand que la distance qui sépare l'axe du moteur et la colonne du statif.

 

Puisque le plateau est en bois, il faut lui donner une ou deux couches de couleur et le laisser sécher. De ce fait la colle du papier abrasif adhérera convenablement sur la surface du disque au moment du collage. Plaçons le plateau garni du papier abrasif à la perceuse (voyons les photographies suivantes). Il faut maintenant réaliser une planchette gabarit, de manière à positionner et travailler les allonges. Cette planchette aura comme dimension, au moins la longueur de l'allonge (suivant la méthode utilisée). Comme largeur environ 15 à 20 centimètres, de telle manière qu'il sera possible de travailler sans risquer de se blesser. Son épaisseur sera ce que l'on trouve de plus commun 18 millimètres. Il ne faut surtout pas employer du bois noble, du lamellé est bien suffisant du moment que les deux faces soient parfaitement plane et parallèles. Il faut aussi veiller à ce que les deux cans qui serviront de guides pour biaiser les allonges soient parfaitement parallèles entre eux; nous aurons l'occasion de voir pourquoi au moment d’utiliser la planchette.

 

 

 

Principe des allonges d'écubiers

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Essayons de comprendre le tracé des allonges d'écubiers qui se trouvent sur la planche VI du Boullongne. Dans un premier temps l'allonge est représentée avec deux plans parallèles (voyons la vue en plan de l'allonge). Dans un deuxième temps, cette allonge est dégraissée sur ses deux faces de tour, ce qui donne un mouvement de rotation à celle-ci. Enfin, toute l'allonge est terminée par un biaisage en forme de couteau suivant l'angle donné par la vue en plan de celle-ci, ce qui met encore le mouvement de rotation de l'allonge en évidence. Ce biaisage fait fortement varier le dégraissage des faces de tour surtout dans la partie basse de l'allonge.

A partir de ce moment l'allonge n'est plus dans deux plans parallèles mais bien dans deux plans concourants.

Sur la planche VI du Boullongne, les allonges d'écubiers sont représentées avec à leur base la vue en plan de chacune d'elles. Cette vue en plan nous donne également l'épaisseur de chacune d'elles et cette épaisseur correspond à celle de la planchette dans laquelle l'allonge sera réalisée.

 

La représentation graphique de l’allonge est tou­jours d’aplomb ou perpendiculaire à la vue en plan, elle est donc donnée dans sa vraie position, ce qui nous permet de contrôler sa situation à tout moment au moyen d'un trait d'axe fictif qui repré­sente l'axe diamétral du couple ou de l’allonge d’écubier. Ce trait d'axe, fictif, est valable pour chaque charpente simple, formant l'allonge.

Sur la vue en plan de l'allonge, prolongeons le petit triangle représentant la forme du biaisage ou la forme définitive de l'allonge vue par le haut.

Cette vue nous donne l'angle de biaisage de chaque allonge, elle est donc très importante.

L’angle et l’épaisseur de ces allonges varient d'une vue à l'autre. C’est justement sur ces vues que nous relevons l’épaisseur de chaque allonge.

Toutes les vues en élévation des allonges sont représentées comme si nous étions à l'avant du vaisseau, toutes les faces N° 2, sont donc bien visibles en traits pleins; pour la face première, sa délimitation à l'extérieur est également en traits pleins, mais le gabariage de l'intérieur est en pointillé.

Toutes les vues en plan ou en élévation donnent des indications très importantes, et parmi celles-ci, il faut retenir les lignes d'eau. Nous pouvons y voir que les allonges et les mailles sont réparties suivant ces repères, ce qui facilite encore notre travail. Ainsi, nous trouvons sur ces vues; la longueur de l'allonge, sont épaisseur, le biaisage, le dégraissage en forme de cou­teau et la vraie position de l'allonge.

Position de l'allonge sur la planche gabarit

 


  

 

 

 

 

 

 

Pour terminer nos allonges, utilisons de préférence une photocopie, à défaut bien sûr la feuille du plan. A l’extérieur de chacune des vues en plan d’une allonge, tirons à angle droit un trait vertical. Ce trait doit correspondre ± avec l’extrême limite de l’extérieur de l’allonge (voyons l'exemple sur la vue ci-dessous). Ce trait représente en fait l'axe diamétral du vaisseau qu’on déplace à l'extérieur d’une allonge. Nous visualisons ainsi l’allonge dans sa position réelle par rapport à ce point fixe.

 

Il est dès lors possible de placer l'allonge à biaiser sur une planchette gabarit exactement comme sur ce tracé donc dans sa position réelle.

Remarquons que la logique est respectée puisque ce tracé n'est rien d'autres que le trait d'axe diamétral du vaisseau déplacé et perpendiculaire à la vue en plan de la dite allonge.

D'après ce qui vient d'être dit, nous allons voir que l'identité est respectée entre la planchette gabarit et le nouveau trait vertical, que nous venons d'indiquer devant l'allonge (qui est en fait l’axe diamétral du couple que nous venons de déplacer transversalement). Comme nous l’avons déjà dit, la vue en plan sera, très utile elle donne l'épaisseur de chaque allonge avec l'angle de biaisage.

Les allonges ont une épaisseur qui varie pratiquement pour chacune d'elles conformément à la forme du triangle rectangle formé par la vue en plan. Il faut prolonger ce triangle de manière à obtenir le grand côté du triangle rectangle. Le petit côté nous donnant l'épaisseur de l'allonge ou l'épaisseur de la réglette ( réglette qui sert de guide et représente l’aplomb ou l’axe diamétral déplacé de l’allonge), qu’il faut positionner sur la planche gabarit.

 

Le biaisage.

 

Il reste maintenant à donner le biaisage à chaque allonge, pour cela, nous avons deux possibilités que nous allons étudier, quoique le principe de base soit le même pour les deux méthodes.

 


 

 

 

 

 

 

 

Première méthode:

 

 

elle ne s'applique qu'à une seule allonge à la fois, c'est-à-dire une allonge tribord, ensuite avec le même réglage, sa vis-à-vis bâbord, puisque l'angle donné est le même pour chacune d'elles. Pour commencer réalisons une réglette (voyons l'exemple photographique ci-dessous). Elle aura comme longueur celle de la planche gabarit. L'épaisseur de la réglette ou de l’allonge est donnée par la vue en plan, elle est égale à la hauteur du petit côté du triangle rectangle que forme la vue en plan de la dite allonge, voyons l’exemple ci-contre.


Figure   

Prolongeons la base du triangle de la vue en plan de l’allonge à façon­ner. Prolongeons aussi l’hypoténuse du triangle rectangle. Son intersection avec la base donne la longueur réelle de l ‘allonge qu’il faut inscrire sur la planchette gabarit. On fixe la réglette ou guide sur la planche gaba­rit suivant la mesure prise sur le grand côté du triangle rectangle, en prenant comme base de départ le côté parfaitement rectiligne. La réglette doit donc être parallèle à ce bord.


  

 

 

 

 

 

 

 

 

 Photographie N/B  SEQ Photographie_N/B \* ARABIC 55 Biaisage d'une allonge

 

 

 

 

 

 

Il est important que la réglette soit parfaitement parallèle au bord rectiligne de la planche gabarit.

En­tre la réglette et le bord de référence de la planche gabarit, nous pouvons placer la vue en plan. Elle doit trouver sa place sur toute la longueur de la planche. Voyons l'exemple ci-contre, d'une allonge placée sur la planche gabarit avec à sa base la vue en plan.

Cette allonge est fixée au moyen de deux ou trois morceaux d'épingles à boule (épingles de cou­turière), qui ont été sec­tionnées, elles ont comme longueur environ un centimètre et demis, ce qui permet de les enfoncer à l'aide d'un petit marteau, cependant, il est préfé­rable et bien plus pratique de forer un avant trou ce qui facilite la pénétration des mor­ceaux d'aiguilles et ainsi le position­nement correc­t de l'allonge. Ces petites épingles seront pon­cées en même temps que l'al­longe elle-même.

 

L'allonge est positionnée exacte­ment comme sur la vue en éléva­tion du plan en suivant le trait repère que nous avions tracé. La réglette qui est ainsi fixée par deux petits clous sert de guide et représente, bien en­tendu, le trait repère vertical que nous avions tracé sur la feuille de plan.

Nous connaissons maintenant la manière de façonner des allonges. Mais avant de positionner une allonge sur la planche gabarit, il faut régler angle du plateau.

La perceuse est alors équipée de son plateau garni d'un disque abrasif.

Sur la table de travail de la machine, on positionne la planche gabarit qui va s’appuyer contre une réglette butée prévue pour éviter l’usure du bord de la dite planchette.

 

On règle l'angle du plateau à poncer de manière à ce qu'il effleure à peine les arêtes supérieures de la réglette et le bord de la planche gabarit. Voyons l'exemple sur la photographie ci-contre.

Le réglage terminé, on bloque les rotules de manière à conserver l'angle, on bloque également la hauteur, pour conserver le plateau dans la même position et l’on fixe une butée derrière la planchette gabarit.

L'ensemble est alors dans la situation de la photographie; maintenant, il faut faire en sorte que la planche gabarit aille buter contre l’arrêt pour respecter à la fois le bord de la planche et celui de la réglette. Autrement, nous pourrions par mégarde, biaiser la planche gabarit en diminuant ainsi l'épaisseur de l'allonge.

La planche gabarit peut maintenant voyager jusqu'à atteindre la réglette butée en conservant tous nos réglages. Retirons la planche gabarit de la machine. Positionnons une allonge et fixons là sur la planche gabarit, avec des épingles comme déjà expliqué en s'alignant sur la réglette d'épaisseur et le bord rectiligne de la planche gabarit.

Nous pouvons constater que le bord de la planche gabarit qui sert de référence fait bien office du trait d'axe (axe diamétral que nous avions déplacé pour visualiser la position de l'allonge).

Nous avons ici une similitude entre le tracé de l'allonge de la monographie et notre planche gabarit avec l'allonge dans sa vraie position.

Les photographies qui suivent démontrent la simplicité de la méthode, elles donnent prati­que­ment toutes les explications suffisantes pour les réaliser.

L'exemple ici dessus montre le plateau en po­sition, la planche gabarit est placée, garnie

d'une allonge. Quand la planche gabarit aura atteinte le guide de butée qui délimite la profon­deur, l'allonge sera alors correctement travaillée suivant l'angle donné. Voyons la photographie ci-contre:

L'ensemble étant parfaitement au point, le plateau est mis en mouvement. Par petites poussées successives vers l'avant puis latéralement de droite à gauche et vice versa, on ponce la pièce. La planche gabarit s'arrêtera contre la réglette butée placée dans ce but et l'allonge sera terminée avec l'angle donné. Voyons les photographies de l'allonge biai­sée: nous constatons que le disque est tangent à la fois aux deux arrêtes (planche gabarit et réglette). La réglette détermine donc l'angle de biaisage, suivant sa posi­tion sur la planche gabarit.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette photographie confirme l'illustration précédente. Nous voyons l'allonge bâbord N° 2, biaisée et ainsi terminée. L'angle à été correctement donné, cette pièce prendra sa place sans aucun problème dans le massif des écubiers. Voyons que l'angle donné par biaisage correspond, à la fois, à la tangente des arêtes de la planche gabarit et de la ré­glette, qui correspond à l'épaisseur de l'al­longe et à l'angle donné. Chaque allonge possède une épaisseur différente, nous sommes donc dans l'obligation de réaliser huit réglettes différentes, une pour chaque paire d'allonge.

Nous travaillons alors une allonge bâbord, comme l'illustration de la photographie pré­cédente, après son biaisage, nous réalisons son homologue tribord (ou inversement sui­vant que l'on débute par bâbord ou tribord). L'allonge bâbord doit être biaisée ‘’contraire’’ à son homologue tribord. Afin d'éviter une confusion toujours possible entre le dégrais­sage des allonges bâbord et  tribord, utilisons des repères, exemple : Sur la photographie, voyons sur les deux extrémités de la réglette d'épaisseur ( autrement dit, le guide de l'allonge) l'inscription des repères A et B, y sont indiqués. Sur les allonges tribord inscrivons par exemple la lettre A, et sur les allonges bâbord indiquons la lettre B. Ce qui évite l’accident de confusion entre les deux groupes d’allonges. 

Pour l’allonge n° 5, une opération supplémentaire est à réaliser, en effet, sur la vue en élévation ou le profil des allonges d’écubiers (planche n° V); nous constatons que les allonges N° 5 possèdent à leur base et du côté de la face N° 1, un talon sur lequel les allonges N° 3 et 4 viennent se poser. La difficulté, pour cette réalisation, réside principalement dans le fait que le talon se situe sur la face N°1, et cette face n'a pas de matière pour ce talon. Il faut alors remédier à ce manquement; plusieurs possibilités sont à notre portée. Voyons comment s'y prendre pour obtenir un résultat satisfaisant.

Nous avons donc les deux allonges, déjà biaisées en forme de couteau, elles demandent donc de notre part une nouvelle intervention.

 

Première opération:

 


  

 

 

 

Nous avons donc deux allonges N° 5, terminées et biaisées, mais sans talon. Au moyen de la scie, sectionnons l'élément bas de chacune de ces allonges. Donc je me répète, nous enlevons la section basse de chacune des allonges N° 5 (il est aussi possible de réaliser cette pièce en deux sections, mais là on extrapole), chacun peut essayer.

Il faut maintenant remplacer les deux pièces, enlevées par deux nouvelles sections avec chacune, un talon, à leur base, côté opposé au biaisage. Nous avons maintenant plusieurs possibilités pour la réalisation de ces pièces, en voici une. Pour cela, nous avons encore besoin de notre gabarit d'échantillonnage, celui que nous avions réalisé au départ des allonges. Prenons le gabarit d'échantillonnage de la partie basse de l'allonge N° 5, dont il est question, façonnons deux pièces inférieures de la dite allonge. Travaillons ces deux sections sur le droit et le tour, comme précédemment pour les terminer à l'équerre et en maigre. Il faut encore en contrôler la bonne direction avec chacune des parties restantes des allonges (partie haute). Travail que nous connaissons maintenant très bien. Utilisons pour cela une photocopie.

Deuxième opération:

 

Au moyen d'une photocopie, plaçons la partie haute d'une des deux allonges sur sa vue en élévation. La face dégraissée en forme de couteau sera posée sur le plan (autrement dit, l'allonge bâbord se place sur la vue de l'allonge tribord et vice versa).

La monographie, donne toutes les allonges côté tribord. Si nous ne possédons pas la vue inversée des allonges, nous pouvons simplement enduire de paraffine une photocopie ou même travailler sur une table lumineuse. Nous pouvons aussi faire une photocopie sur film transparent (cela n'est pas tellement plus cher que sur papier). De cette manière nous obtenons le coté opposé de l'allonge.

 

1)- Plaçons à la suite de la section de l'allonge, ainsi positionnée sur le plan, la nouvelle section. Contrôlons sa bonne direction avec le dessus de l'allonge sectionnée, direction qui doit correspondre parfaitement avec le tracé du plan. Si tout est correct, collons la nouvelle pièce, et nous laissons sécher. Nous avons ainsi cette nouvelle pièce assemblée et collée avec un échantillonnage suffisant sur le droit de la face N° 1.

Nous avons alors une différence d'épaisseur qui apparaît, d'une section à l'autre. Elle sera suffisante pour réaliser le talon demandé. Après séchage, toujours dans la même position, relevons le départ du talon (qui correspond toujours au niveau d'une ligne d'eau, tout comme les mailles occupent toujours l'espace entre deux lignes d'eau), nous l'indiquons sur la pièce. Nous avons maintenant plusieurs possibilités pour travailler les allonges.

 

Positionnons une allonge sur la planche gabarit et la fixons, elle conserve donc la même position qu'elle avait sur le plan. Nous plaçons alors la planche gabarit sous le plateau à poncer, sur la table déjà réglée. Nous voyons que la face supérieure de la première partie de l'allonge, qui a déjà été travaillée, prend la bonne direction, suivant l'angle qui avait été donnée au plateau lors du premier biaisage. Avec le même angle, nous biaisons la nouvelle partie jusqu'au niveau du talon. Il suffit pour cela, pendant le mouvement de va et vient, que nous imprimons à la planche, d'éviter de placer sous le disque la partie réservée pour le talon.

 

L'allonge étant pratiquement biaisée, nous pouvons, dans le même élan, donner le biaisage du talon. Cette partie garde presque toute son épaisseur d'échantillonnage au niveau de l'adent, à l'endroit où les deux allonges 4 et 3, viennent se poser. Pour biaiser cette partie, il suffit simplement de déplacer la planche gabarit avec l'allonge et poncer de manière à donner la même direction de biaisage qu’à l'allonge elle-même et conserver le même angle de pénétration dans le massif. Il n'y a rien de difficile dans cette opération.

Rectifions alors, manuellement l'adent ou reposerons les allonges N° 4 et N° 3. Il reste pour la suite le dégraissage de l'allonge. Ici aussi, nous avons plusieurs moyens à notre disposition.

 

2)- Nous pouvions aussi dégraisser les allonges sur le tour avant de donner la forme de couteau.

 

3)- Nous pouvons relever les gabarits des faces dégraissées.

 

4)- Nous pouvons maintenant les gabarier sur le tour, avec les anciens gabarits, il n'y aura qu'une très légère différence, que nous pourrons rectifier sans difficulté sur le tas.

 

5)- Si nous terminons le dégraissage sur le tas, en prenant les proportions des allonges comparables, en les plaçant les unes contre les autres, on obtient également un bon résultat: exemple N° 6, 5, et 4. Nous laissons le choix au modéliste du moyen qu'il préfère.

 

6)- Si nous avons la possibilité de dessiner les allonges, pour en retirer le dégraissage des nouvelles sections, c’est l'idéal. Beaucoup de modélistes en ont les moyens, ce qui simplifie le problème.

Il est également possible de dégraisser les pièces sur le tour avant de les coller aux parties hautes des deux allonges, mais alors il faut laisser un peu plus de matière. Ou bien on les dégraisse sur le tas c'est-à-dire, les dégraisser après quelles soient correctement positionnées. Ainsi, la différence est bien plus grande qu'avec la première méthode préconisée. D'autres moyens d'y parvenir sont encore possibles mais je ne crois pas qu'il faille chercher plus loin.

Biaisage simultané de deux allonges

 

 


  

 

 

 

Voici une autre façon de travailler les allonges, c’est une variante de la méthode précédente qui est adaptée pour le biaisage d'une paire allonges, une bâbord et une tribord.

Le principe et la préparation des allonges restent inchangés. Seule la planchette gabarit avec une table coulissante plus l’apport d’un étau inclinable change.

Façonnons les éléments d’allonges avec la méthode que nous connaissons pour l'avoir déjà pratiquée, ou étudiée.

Contrôlons toujours toutes les allonges avec autant de rigueur que précédemment. Là, il n’y a rien de changé, l'élément nouveau qui entre en jeu dans cette méthode est l’étau inclinable, (voyons la photographie ci-dessus), ce qui entraîne une  modification pour la planche gabarit.


  

 

 

 

 

 

 

 

Cet étau va servir à donner l'inclinaison voulue à la table de travail. Nous préparons une planche parfaitement plane et rectangulaire, sa longueur sera égale à environ trois longueurs d'allonges mises bouts à bouts. La largeur de cette planche peut être plus grande que celle utilisée pour la première méthode expliquée ici avant. Sur la face supérieure de cette nouvelle planche, nous fixons une réglette, elle servira à la fois de guide et de butée. La planche gabarit viendra coulisser par-dessus et buter contre la réglette (sur l'exemple, la réglette est maintenue au moyen de deux serre-joints).

 

L'utilisation de ce moyen ne sera jamais que de courte durée, c’est-à-dire le temps du biaisage des allonges. Il faut alors un montage très simple, mais efficace. Les trucs et astuces sont l'apanage du bricoleur, ce qui est généralement le cas du modéliste.

 

Sous la planche, nous devons clouer ou coller une réglette qui, prise entre les mors de l'étau, maintiendra parfaitement la planche de travail (nous prenons l'exe