L'Arcasse


L’arcasse se compose de l’étambot
et de diverses barres assemblées sur cette pièce,
transversalement à la direction de la quille. La plus élevée de
ces barres est la barre d’Arcasse ; puis viennent la barre
d’hourdi et la barre de pont ; la plus basse des barres se
nomme, le fourcat d’ouverture, et celles du milieu sont les
barres d’écusson. Ces barres s’appuient sur l’estain par leurs
extrémités intérieures ; la barre d’Arcasse repose sur la tête
de l’étambot, la barre de pont est à la hauteur du premier
pont.
L’Arcasse est construite et
assemblée séparément de la même manière que le navire lui-même.
Les barres droites d'écusson sont
exécutées d'après leur gabarit.
Celles de la partie supérieure
sont d'une seule pièce ; les plus basses, qui présentent un
acculement prononcé, sont composées de deux branches réunies par
un oreiller comme les varangues d'assemblage.
Au 1/36ème,
nous pouvons correctement les façonner.
Une fois les différentes
barres construites, on les assemble avec l'étambot qui a été
garni de son contre-étambot (intérieur) et dont la râblure a
été façonnée. On s'assure que leur plan est perpendiculaire
au-dessus de l'étambot, au plan diamétral et que leur axe est
vertical ; après quoi on les colle ou on les cheville à demeure,
on place par-dessus les extrémités des barres, la portion de
l'estain qui les recouvre et avec laquelle on les colle ou les
cheville.
Les opérations d'assemblage
terminées, on procède à la mise en place de cette charpente dans
le chantier et on l'amène à la position voulue en engageant le
petit tenon, pratiqué à l'extrémité de l'étambot, dans la
mortaise correspondante de la quille. On contrôle ainsi
l’ensemble dans le chantier avant de coller.
L'étambot est relié à la quille
par une très forte courbe, connue sous le nom de courbe de
l’étambot qui pose sur un petit massif. Celui-ci est constitué
par une pièce de remplissage dite morte, elle-même surmontée par
le prolongement de la contre-quille.
Les deux branches de la courbe de
l’étambot sont à peu près d'égale longueur ; celle qui
s'applique sur l'étambot s'élève jusqu'au fourcat d'ouverture.
La deuxième, appliquée sur le massif, doit être prolongée au
moins jusqu'au pied de l'estain ou au pied du dernier couple.
Les barres d'écusson sont
analogues à de petites membrures qui s'assemblent avec
l'étambot de la même manière que les couples ordinaires s'assemblent
avec la quille.
On relève pour les gabarits des
barres, les mêmes données que pour les couples.
On trace l'échantillonnage ou
contour de la barre ; on trace l'entaille pratiquée au talon de
chacune d'elle à son assemblage avec le contre-étambot, qui
joue le même rôle que la contre-quille.
On relève les gabarits
d'équerrage pour délimiter les inclinaisons variables sur le
tour. On y indique les équerrages des billots qui sont
nécessaires pour exécuter la surface destinée à recevoir le
prolongement de la carlingue, nommée marsouin.
On complète les gabarits en
relevant et traçant leurs aboutissements sur les estains. Les
barres les plus basses présentent deux branches très
convergentes qui forment une véritable fourche, ce qui fait
souvent donner le nom de fourcat ou fourcat d'ouverture.
Pour notre premier modèle, nous
pouvons réaliser le fourcat d’ouverture de cette manière. Mais
nous pouvons le réaliser comme il se doit. C’est-à-dire, comme
une varangue d’assemblage, s’il le faut, avec coussin et talon.
Voyons donc les entailles à
margouillets sur les fourcats des couples.
Pour notre modèle, la sixième
barre en partant du fourcat d'ouverture (la barre inférieure)
possède un bouge vertical en plus d'un bouge horizontal. Ce
bouge correspond à celui du premier pont.
Cette barre fait
partie à la fois de l'écusson et du premier pont, mais elle est
considérée comme barre d'écusson. Elle sera réalisée séparément
des barres ordinaires.
La
barre d'arcasse ne nécessite que deux gabarits.
La première vue donne la barre
d'arcasse, en plan, avec son bouge horizontal. La seconde vue
représente la même barre en élévation (vue arrière dans sa vraie
grandeur).
Comme précédemment, toujours au
moyen de papier carbone, décalque et bristol, on transfère les
barres sur le bristol et l'on découpe les contours pour en avoir
des gabarits. Avec des photocopies : on les utilise comme
gabarits après avoir découpé le pourtour des pièces ; soit on
trace le pourtour des gabarits sur le bois, ou bien, on colle le
gabarit à même la planchette à l’aide d'une colle sous forme de
stick.
Contour de la vue en plan
N°1

Contour de la vue en élévation
N° 2. 
|
Le premier gabarit avec son bouge
horizontal portera par exemple le n° 1, avec tous ses tracés,
même ceux en pointillés.
Le second sera réalisé de la même
manière et portera le n° 2, sa face supérieure est droite.
Cette barre étant très simple à
réaliser, il n'est pas nécessaire de façonner un parallélépipède
rectangle, comme c’est le cas pour les barres à doubles
courbures.
Sur une planchette d'une
épaisseur légèrement supérieure à celle de la barre en
élévation, (dans ce cas la vue arrière), on place le gabarit de
contour n°1.
On trace le contour du gabarit
avec les tracés en pointillés, puis on découpe le contour de la
barre en gras.
Dans un premier temps, au moyen
d'une ponceuse à plateau métallique, travaillons les faces que
nous venons de scier à l'équerre en rectifiant les irrégularités
dues au sciage, mais en laissant le trait du Stylo à bille,
comme il a déjà été expliqué.
Dans un deuxième temps,
travaillons très régulièrement la barre à l'équerre et en
maigre, en éliminant le trait que nous avions laissé
précédemment, celui-ci étant en trop. Cette façon de travailler
en deux phases, permet une finition très rigoureuse.
La
surface supérieure de la barre étant droite, avec une équerre
traçons, sur son pourtour, toutes les entailles à réaliser.
Appliquons le gabarit n° 2, sur la face de tour extérieure, de
manière à ce que le bord supérieur du gabarit soit tangent avec
l'arête supérieure de la barre. La matière excédentaire se
trouve ainsi située vers le bas. Nous pouvons aussi, ce qui est
plus simple, prendre mesure de l'épaisseur de la barre pour
ensuite la façonner.
Traçons les ouvertures des
sabords. On indique les repères pointillés qui serviront plus
tard lors du montage des allonges de voûte ou jambes de chien.
Amenons la barre à épaisseur
convenable, soit à la scie circulaire (comme pour la quille) ou
bien au moyen du plateau à poncer, méthode déjà mentionnée
(voyons la réalisation de la quille).
Le façonnage des barres d'écusson
peut se faire au départ d'une planche précédemment amenée à leur
épaisseur. Si la planche est plus épaisse aucune importance. Les
éléments tracés et sciés seront amenés à l'épaisseur demandée
suivant une des méthodes déjà citées (voir le travail sur le
droit), avant de les dégraisser.
Pour
façonner une barre d'écusson, il faut réaliser quatre gabarits à
savoir :
1°-
L'échantillonnage ou contour de la barre, vue en plan.
2°- La vue
en élévation (arrière ou avant).
.
3°- Le gabarit
d'équerrage de la face supérieure de la dite barre.
4°- Le gabarit
d'équerrage de la face inférieure de la même barre.
EXEMPLE.
1)_ Sur une planchette, plaçons
le gabarit d'échantillonnage n° 1, de manière à ce que le fil du
bois corresponde au mieux à la forme de la barre. Traçons le
contour du gabarit au moyen d'un Bic.
Nous voyons maintenant, comme il
a déjà été dit, combien le tracé est extérieur au gabarit. Par
conséquent, on doit éliminer le tracé et cela à l'équerre, de
manière à ce que la même figure soit identique sur les deux
faces de la barre. Nous verrons par nous-mêmes son importance au
cours de leur façonnage et des assemblages qui vont suivre.
2°_ On passe maintenant au
sciage.
|

Gabarit de contour ou d’échantillonnage (1)
Vue en élévation arrière ou
avant (2)

Gabarit d'équerrage de la
face supérieure de la barre ( 3 ).

Gabarits des barres d'écusson

Gabarit d'équerrage, face inférieure de la même
barre ( 4 ).
Remarquons que le gabarit n° 1 représente, en fait,
la quantité de bois nécessaire pour réaliser la
pièce.
Remarquons aussi que le gabarit n° 3, est
indispensable pour réaliser la face supérieure de la
barre, cette face n'est pas dans un même plan
perpendiculaire que la face inférieure.
Pour le travail des barres
d'écusson, il faut le gabarit d'échantillonnage avec
les deux gabarits donnant l'équerrage, ce qui donne
le plan de dégraissage, l’épaisseur de la pièce on
la connaît. |
Le sciage des pièces sera réalisé
au moyen d'une petite scie sauteuse (chantourner). N'oublions
pas le sciage en gras.
3°_ Toutes les pièces étant sciées
(en gras), il faut rectifier leur longueur. Au moyen de la
ponceuse, on rectifie donc la longueur des barres, celles-ci
devant correspondre parfaitement à leurs plans respectifs.
Le travail suivant consiste à
ôter les irrégularités de la découpe en laissant, dans un
premier temps le tracé ( travail à l'équerre) c'est-à-dire qu’il
faut mettre les faces à angles
droits par rapport à la face de
référence.
L'opération
suivante : on ponce complètement le trait. Nous obtenons alors
l'échantillonnage des barres vues en plan.
Contrôlons
chaque barre, celles-ci étant placées sur leur plan respectif.
S'en tenir uniquement au tracé du plan. Le travail intérieur des
barres sera réalisé au moyen de la petite ponceuse décrite au
chapitre de l'étrave (voyons le croquis page précédente).
Les pièces respectant
parfaitement le tracé de leur contour, contrôlons leur épaisseur
sur le droit. Si la barre est trop épaisse, il faut reprendre de
la matière. Voyons la méthode décrite au chapitre "travail sur
le droit, amenons alors les barres aux épaisseurs demandées.
Toutes les barres étant terminées à ce stade, nous n'oublions
pas le façonnage des entailles au talon de chacune d'elles.
Ces entailles peuvent être
travaillées maintenant ou après l'opération du "dégraissage"
qui va suivre la description des entailles.
Nous pouvons donc les rectifier et
les façonner correctement suivant les règles de l'art. Cela
n'est pas impératif, mais contrairement à ce que l'on peut
croire, la réalisation correcte de l'entaille simplifie son
assemblage à l'étambot, même pour le modéliste. Nous devons
suivre ce que les anciens ont imaginé : il n'y a pas deux
méthodes pour construire un vaisseau, même en modélisme.
Voici la description de cet
assemblage tiré du traité "L'ENCYCLOPEDIE METHODIQUE MARINE", dit le traité PANKOUCKE,
édition OMEGA. Le Brigthon 75 avenue George V, 6000 Nice
|

Les
exemples ci-dessus, sont tirés du traité du sieur
VIAL DU CLAIRBOIS.
Notre dessin n'est peut-être pas parfait, mais il
montre très bien le travail d'une entaille à
margouillets.
Les
assemblages d'une barre ou d'une varangue sont
pratiquement identiques. |
"...La barre d'hourdi mise en
croix sur l'étambot, on place le fourcat d'ouverture (la barre
la plus basse est dite fourcat d'ouverture). Ce fourcat se
travaille d'après un gabarit et au moyen d'équerrage ; Liées
ensemble par deux ou trois pièces d'oreiller, lesquelles sont
quelquefois à patte de loup, à cause de son grand acculement.
Les faces latérales de son pied descendent en biaisant, chercher
le fond de la râblure, comme le font les fourcats des couples de
l'avant et de l'arrière. On ne peut donc pas entailler les
margouillets sur le contre-étambot.
En revanche, on arme le milieu de
son pied d'un tenon, d'environ 3 pouces de largeur et 3 pouces
de longueur ; lequel vient emboîter dans une mortaise creusée,
dans le fond d'une entaille, pratiquée sur le contre-étambot ;
en sorte que, le pied du fourcat entrant en entier dans cette
entaille d'environ deux pouces, son oreiller entre dans une
autre contiguë d'environ 15 lignes, mais point mortaisée...".
Concernant les couples, il est
dit :
"... les couples en croix sur la
quille et leur distribution marquée, il s'agit de préparer leur
place sur la contre-quille ; c'est-à-dire de creuser les
margouillets et les entailles mortaisées dans lesquels
viendront reposer les talons des varangues ; les margouillets
ne sont autre chose que des entailles d'un pouce et demi à deux
pouces, plus ou moins, de profondeur.
C'est ce qu'on appelle donner de
la "gagne".
Les entailles mortaisées sont des
entailles de la même profondeur, dans le milieu desquelles règne
une mortaise, de plus ou moins, deux pouces de profondeur.
Les talons des varangues
reçoivent eux-mêmes des entailles telles que, s'appliquant dans
les margouillets, les oreilles de ces talons, qui terminent ces
entailles, descendent dans les épaulettes, jusqu'à la ligne
droite de la râblure".
Cette barre d'écusson s'appelle
fourcat d'ouverture.
Pour ce fourcat simplifié, on
conçoit très bien qu'un tel acculement nécessite un assemblage.
Voyons les entailles à
margouillets avec les assemblages dits à pattes de loup, des
oreillers ou billots.
Sur la photographie ici contre
les barres d'écusson ont été réalisées en suivant simplement les
données de la monographie sans aucune modification.
Rectifions ces entailles aux
barres qui ont un acculement très prononcé, réalisons les
oreillers. On se réfère soit à la réalisation des varangues
acculées et fourcat ou alors au vaisseau de 74 canons.
En partant de la première barre
ci-dessus, on remarque très bien la forme des billots formant le
lit du marsouin arrière. L'utilité du bossage, pour le cas
présent, c'est de renforcer la barre en donnant suffisamment de
matière pour compenser celle perdue par le façonnage de
l'entaille. Il sert également de lit pour le marsouin arrière.
C'est
l'ouverture que fait la surface extérieure d'un membre avec la
surface de l'avant ou de l'arrière de ce même membre. On le
distingue par équerrage en gras et équerrage en maigre, les deux
ensembles se trouvent dans tous les membres et sont égaux à deux
angles droits. L'équerrage en gras se dit quand l'angle est
obtus et l'équerrage en maigre se dit quand l'angle est aigu. Le
terme d'équerrage ne s'applique pas aux pièces où cet angle est
droit, on dit alors qu'elles sont travaillées à l'équerre.
De tous les membres, il n'y a que
le maître couple qui est dans ce cas, tout les autres ont de
l'équerrage, particulièrement ceux qui sont placés dans les
façons du vaisseau, toujours en raison du rétrécissement du
vaisseau vers les extrémités.
Les barres à épaisseur sur le
droit nous allons appliquer l'équerrage aux deux faces de
chacune d'elles, ce qui aura pour conséquence de déterminer
l'inclinaison variable de la face de tour intérieure et
extérieure de la barre.
Utilisons en premier le gabarit
d'équerrage n° 2. Inversement, pour déterminer l'inclinaison
variable de la face de tour extérieure de la même barre,
utilisons le gabarit n° 3.
Prenons, par exemple, la plus
grande des barres ; elle est convenablement travaillée à
l'équerre et en maigre. Posons-la sur la table de travail, sur
une ou l’autre face puisque, suite au travail de l'équerre, les
deux faces sont identique. Plaçons dessus le gabarit n° 2 de
manière à ce que son bord arrière corresponde avec l'angle ou
l'arête arrière de la barre, traçons le contour de ce gabarit
qui délimite l'épaisseur sur le droit. Nous obtenons ainsi
l'inclinaison variable de la face intérieure de la barre. Nous
devons dégraisser la pièce à partir de ce nouveau tracé jusqu'à
la jonction avec l'arête inférieure de la face du dessous.
Pratiquons de la même manière, pour toutes les barres d'écusson
sauf la barre de pont, voyons avant la lisse d'hourdi.
Le trait plein indique le départ
de l'inclinaison variable de la face de tour intérieure. Sur la
même barre en pointillé, la trace ou délimitation du dégraissage
de la face arrière de la dite barre.
|
Les vues de la
lisse d'hourdi |
(Pour la barre de pont, la
sixième partant du fourcat d'ouverture, elle sera façonnée plus
tard, après la lisse d'hourdi que nous allons étudier).
Vue en élévation
(ou vue de l’arrière)
Vue en plan
(vue par le haut)
Après le façonnage de la barre
d'arcasse et des barres d’écusson, passons à la lisse d'hourdi,
elle possède en plus un bouge vertical et un bouge horizontal.
Sa râblure sera, de ce fait, obligatoirement façonnée en dernier
lieu.
Le principe de base de la méthode
utilisée consiste à obtenir, par la projection des traits de
sciage, au coeur d'un parallélépipède, la lisse en vraie
grandeur et dans ses formes. Voyons le croquis ci-après.
Vue en plan

La partie hachurée représente le
parallélépipède rectangle
Les gabarits de la lisse d'hourdi
sont simples et représentés en vraie grandeur
Les parties hachurées
représentent les faces du parallélépipède rectangle à éliminer.
Réalisation de la lisse
d'hourdi
|

Vue en plan de la face supérieure de la lisse
d’hourdi |
La première condition ; réaliser
un parallélépipède rectangle. Sur la face supérieure du
parallélépipède, traçons un trait d'axe et plaçons le gabarit N°
1, ce gabarit sera parallèle aux bords délimitant la surface du
parallélépipède rectangle. Traçons le contour du gabarit.
Indiquons y tous les repères des allonges de voûte mentionnés
sur le gabarit. Au moyen d'une équerre procédons, au report, sur
le pourtour du parallélépipède, de tous les repères sans oublier
les extrémités ou la longueur de la barre.
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La partie hachurée sur cette figure représente la
matière à enlever d'un seul trait régulier. |
Sur la
photographie, nous devinons le trait d'axe sur les deux faces du
parallélépipède rectangle, l'emplacement des allonges de voûte,
l'entaille pour l'assemblage à l'étambot, et les extrémités de
la barre sont inscrites.
On prolonge ensuite ces tracés
sur les deux côtés du bloc, de manière à reporter ces repères,
sur la face avant et arrière du parallélépipède. On trace
maintenant le trait d'axe sur les autres faces, afin de bien
positionner le gabarit.
On place ensuite le gabarit N° 2,
symétriquement par rapport à ce trait d'axe. Celui-ci doit aussi
correspondre avec tous les tracés projetés de la surface
supérieure. On trace alors son contour, toujours au Stylo à
bille.
Il est important de bien
positionner le gabarit, en ce sens qu'il faut faire attention à
l'orientation du bouge par rapport à la tonture, faisons très
attention à ce détail pas toujours évident à repérer.
Il faut toujours placer les
gabarits tels qu'ils ont été prélevés dans la position du plan,
travailler avec la vue en plan, l'élévation et ou le profil et
indiquer la vue sur les pièces.
Les opérations de traçage
terminées, nous allons devoir passer à la phase du sciage. Le
sciage est une opération très délicate. Suivant le matériel
disponible, scie sauteuse ou scie à ruban. Evidemment il va de
soi qu'avoir une très fine lame à petite denture sera d'une
grande importance pour faciliter le travail. Il faudra aussi
suivre très rigoureusement le tracé de manière à n'obtenir que
des chutes d'une seule pièce par trait de scie. Pour ce travail,
le tracé sera très légèrement mordu. En effet, la lisse d'hourdi
à l'état pur de sciage doit être très légèrement supérieure à
ses dimensions définitives. Ensuite, elle sera amenée dans ses
vraies proportions en la nettoyant des traces du sciage par un
très léger ponçage.
Sur la table de sciage, nous
plaçons le parallélépipède avec le tracé de la lisse d'hourdi
vers le haut.
Découpons d'un seul trait de
scie, la face extérieure de la lisse d'hourdi, ne tenants pas
compte de l'entaille destinée à son assemblage avec l'étambot.
Cette fois, mordons légèrement le tracé pendant le sciage, ne
laissant apparaître qu'un demi-trait à peine.
Après avoir découpé la partie
arrière de la barre, rectifions cette partie par un très léger
ponçage, de manière à faire disparaître complètement le tracé du
Stylo à bille, en même temps que les traces de sciage. La face
ainsi nettoyée, replaçons la chute contre la pièce et collons-la
par deux ou trois gouttes de colle, afin de reformer le
parallélépipède.
Scions
maintenant l'autre face de la pièce, c'est-à-dire la face
intérieure, exactement comme pour la première face. Le sciage
terminé, on nettoie la face et l'on replace la chute en la
collant par les extrémités au moyen de deux ou trois points de
colle. Cette opération demande de la rigueur dans le sciage.
Actuellement, nous avons la lisse sciée dans la vue en plan et
dans toute l'épaisseur du parallélépipède rectangle. Elle est
nettoyée et nous devons encore lui donner sa forme définitive.
Nous avons pour l’instant, à
l’intérieure du parallélépipède la vue en plan avec sa face
inférieure terminée. Il reste à découper la lisse sur le
vertical, autrement dit la vue en élévation, pour obtenir son
bouge vertical dans sa vraie grandeur.
Plaçons maintenant le
parallélépipède reconstitué sur la table de travail de manière à
avoir le tracé de la lisse, en élévation, vers le haut. Avec les
mêmes précautions, on scie la face extérieure de la lisse, on
nettoie la face par un léger ponçage, comme précédemment, on
replace la ou les chutes et on les colle légèrement sur leurs
extrémités.
Sur la photographie ci-contre,
remarquons que l'ordre de sciage a été inversé, quoique la
démonstration représentée ici, soit faite avec le dernier bau du
premier pont . Cela n'a pas d'importance puisque
le principe de base est le même pour la lisse d’hourdi. Ce qui
compte bien sûr, c'est de comprendre le principe d'une
projection au travers d'un bloc de bois.
Cette méthode sera appliquée pour
toutes les pièces compliquées du modèle. Remarquons aussi le
sciage de la face inférieure de la lisse d'hourdi, ce qui
permet de comprendre toute l'importance du trait de scie, d'où,
rigueur et discipline dans un sciage de ce type.
Pour toutes les pièces provenant
de la projection dans un parallélépipède rectangle, toutes les
découpes seront régulières en suivant scrupuleusement le
tracé de la pièce.
On rectifie le moins possible,
(tout au plus, on enlever les traces du sciage) pour conserver
les dimensions données.
L'estain est un couple dévoyé
(qui n'est pas perpendiculaire à la quille), dont la base a été
sectionnée, il repose ainsi sur le massif du fourcat. Sa
longueur est celle de la base du fourcat au niveau supérieur de
la lisse d’hourdi.
Sur sa face arrière sont
assujetties toutes les barres d'écusson y compris la lisse
d'hourdi.
Au moment du montage, il ne faut
faire pas oublier d'appliquer, entre les extrémités de la lisse
d'hourdi et la face arrière des estains, une petite pièce de
remplissage que l’on appelle fourrure.
Il est possible,
de réaliser l’estain sans l'usage du gabarit. Cependant, afin de
faciliter le travail, on réalisera ses trois gabarits. Ce qui
est intéressant, c'est l'inscription de la position des barres
qui sont inscrites sur la face arrière de ce couple.
Appliquons la méthode, que nous
connaissons très bien, pour obtenir les gabarits de l'estain.
Cette fois, il n'y a pas de gabarit donnant l'épaisseur de ce
couple.
Cela n'a pas d'importance puisque
les faces sur le droit de ce couple sont parallèles, comme pour
tous les couples, son épaisseur est donnée par la vue en plan .
Remarquons que cet estain est doublé par un second qui s'élève
bien au-delà du premier. Nous le réaliserons plus tard, car
celui-là est plus compliqué à façonner.
Réalisons nos trois gabarits, qui
s'assemblent avec les barres de l'écusson, à savoir:
N° 1.
L'échantillonnage.
Pour ce gabarit, il est utile de
réaliser celui de tribord, puisque nous avons celui du plan, qui
se trouve être le bâbord. Les gabarits de dégraissages peuvent
servir pour les deux côtés.

N°3 N°2
N°1
N° 2.
La face arrière de l'estain.
Gabarit de dégraissage.
N° 3.
La face avant de l'estain.
Gabarit de dégraissage
Sur une planchette d'une
épaisseur appropriée à l'échelle de modèle, et suivant le fil du
bois, on porte le gabarit de contour N° 1. Comme pour les barres
d'écusson, on trace, on découpe puis on travaille à l'équerre et
en maigre.
On porte alors les pièces à
l’épaisseur voulue, pour ensuite porter les gabarits qui
permettent de dégraisser le couple. Le dégraissage fait, on
trace, sur la face arrière des deux sections du couple les
repères supérieur et inférieur de chacune des barres qui
viennent s'assujettir en cet endroit.
N'oublions pas que nous avons le
côté bâbord et le côté tribord, il faut donc deux couples
dévoyés. Ce premier estain est facile à réaliser.

Quête de l'étambot
C'est la partie de l'étambot hors
de la perpendiculaire du bout de la quille
de l'arrière, ou la distance
horizontale qu'il y a du bout de la perpendiculaire de
l'étambot.
La quête de l'étambot est égal
dans tous les vaisseaux de guerre à un quart ou un cinquième ou
sixième partie de l'élancement de l'étrave.
La plupart des constructeurs
donnent maintenant moins de quête à l'étambot qu'on en donnait
autrefois.
Les barres
d'écusson sont dirigées horizontalement et parallèlement à la
quille. Il faut alors contrôler très rigoureusement la quête de
l'étambot par rapport aux barres d'écusson. Cette rigueur
conditionnera la suite de nos travaux.
Le deuxième estain, en apparence,
a la même épaisseur que le premier estain, c’est vrai, mais pour
le réaliser, son épaisseur est plus grande parce qu’il dépasse
la lisse d’hourdi et qu’à partir de ce niveau, il vrille sur
lui-même en se redressant à l’aplomb de la quille. Le premier
estain vrille à partir du niveau supérieur de la lisse d’hourdi.
A partir de ce niveau, les estains s’orientent sensiblement vers
l’axe diamétral du vaisseau pour être perpendiculaires à
celui-ci et d’aplomb. Voyons les deux petits triangles visibles
sur le dessin ci-contre. Ils nous donnent l’angle de rotation
que doivent prendre les allonges. Pour réaliser les estains,
visualisons l’épaisseur utile à donner à la planchette. On
additionne la plus grande largeur du triangle (trouvé suivant
l’angle de l’estain) à l’épaisseur de la planchette. C’est
dans la partie commune (au niveau des barres), du deuxième
estain qu’il faut diminuer l’épaisseur pour obtenir le
mouvement tournant à cette partie supérieure d’estain.
|

Photographie coul.
SEQ Photographie_coul._ \* ARABIC 5
l'arcasse
|
Toutes les barres composant
l'arcasse sont terminées, nous allons maintenant
les assembler sur l'étambot.
Si nous avons
façonné les entailles à margouillets ou, si nous avons façonné
les entailles simples, comme indiqué sur le plan, assurons-nous
de leur parfaite union avec celle de l'étambot. Assurons-nous
aussi que toutes les barres d'écusson possèdent leur trait d'axe
ou de symétrie sur les deux faces. Traçons aussi un trait de
symétrie sur tous les billots travaillés sur le contre étambot.
Pour l'opération qui va suivre,
on utilise une équerre et une fausse équerre ( équerre à angles
variables), avec laquelle nous relèverons l'angle que fait une
barre d'écusson, par exemple celle du fourcat d'ouverture avec
l'étambot.
Pour assembler toutes les pièces
de charpente qui suivent, utilisons la colle blanche à séchage
rapide. Ainsi après quatre à cinq minutes de séchage, avec quand
même quelques précautions, nous pourrons manipuler les pièces
collées sans risquer de déplacer ou de dérégler l'une ou
l'autre.
Commençons par placer la barre
d'arcasse. On la porte au sommet de l'étambot sur l'adent où
elle reposera définitivement.
Appliquons une équerre contre la
face latérale de l'étambot, la seconde branche de l'équerre
venant se positionner bien perpendiculaire à hauteur de l’arête
supérieure de la barre d’arcasse. La direction de l’arête de la
barre doit coïncider avec la branche supérieure de l'équerre.
Collons cette barre dans cette position, avant que la colle ne
soit séchée, on contrôle encore l’horizontalité et son angle,
l’ensemble doit correspondre exactement à la position indiquée
sur le plan. L’horizontalité de cette barre est un point de
référence ou de repère pour les autres pièces.
Relevons l'angle qu'il y a entre le fourcat
d'ouverture et l'étambot (qui est la même que pour la barre
d’arcasse); plaçons le fourcat et donnons lui la direction ou
l'angle qui vient d'être relevé. Cette seconde opération
s'effectue donc avec la fausse équerre. L'angle qui à été relevé
sur le plan, sera donné, à toutes les barres de cette manière.
Laissons sécher quelques minutes la pièce pour contrôler et
rectifier si nécessaire avant d’entreprendre la barre suivante.
Avant séchage complet,
vérifions, si la barre d'arcasse est bien balancée sur
l'étambot, c'est-à-dire qu'elle doit se trouver perpendiculaire
à la quille mais aussi à l'étambot (qui est le prolongement de
la quille).
Maintenant il reste à mesurer la
hauteur d'une extrémité de la barre d'arcasse à la surface
plane, qui doit être théoriquement identique à l'autre côté, si
ce n'est pas le cas on rectifie. Mais toujours sans oublier que
la barre est déjà réglée dans l'autre sens, et qu'elle doit le
rester.
La lisse d'hourdi se place
exactement dans les mêmes conditions que la barre d'arcasse. Si
un trait horizontal a été tracé, sur la face arrière comme
expliqué lors de sa réalisation, il servira maintenant de repère
pour positionner correctement la barre perpendiculairement à
l'étambot.
Ajustons la râblure de la lisse
d'hourdi avec celle de l'étambot, toutes les deux se réunissent
de part et d'autre de l'étambot.
La lisse d'hourdi, bien plus
encore que les précédentes, doit être parfaitement positionnée,
d’elle dépend l’allure générale de la poupe avec le raccord des
bordages de la carène.
Le fourcat d'ouverture est la
première barre à la base de l'écusson. Une fois façonnée,
vérifions si le trait d'axe ou de symétrie y est inscrit. Si ce
n'est pas le cas, on pose la pièce sur son plan et on y trace ce
trait ou bien encore, on place son gabarit dessus pour tracer ce
trait repère.
Il est aussi préférable d'avoir
comme tracé, la largeur de l'étambot, nous avons alors trois
traits repères parallèles.
Comme pour les autres barres, on
fait attention. La rigueur est toujours de mise dans tous les
tracés. On colle le fourcat d'ouverture à l'étambot, mais avant
que la colle ne prenne, on passe aux opérations suivantes:
posons l'étambot, comme précédemment, face arrière sur une
surface plane, les barres déjà en place et collées sont situées
vers le haut. A proximité du fourcat, plaçons une équerre sur la
table de travail et contre l'étambot pour d’une part maintenir
l'étambot vertical sur la table et d’autre part contrôler le
trait repère indiqué sur la surface du fourcat d'ouverture.
Celui-ci doit être parallèle à la branche verticale de
l'équerre.
Il ne faut pas oublier qu'il faut
aussi donner la bonne inclinaison à la barre au moyen de l'angle
relevé avec la fausse équerre.
En somme, on procède exactement
comme pour la barre d'arcasse.
Quand l’ensemble est presque sec,
on peut le retourner sur la table de travail.
Le fourcat d’ouverture, et la
lisse d’hourdi s’appuient sur leurs extrémités, les quatre coins
sont convenablement posés sur la table, l'ensemble ne doit pas
être bancal.

Le dernier bau
du premier pont se place de la même manière que les barres
précédentes. Son réglage horizontal, si l'on peut dire, peut se
faire au moyen du trait horizontal, tracé après son façonnage.
Si celui-ci a été très bien tracé, sinon, un autre moyen
consiste à mesurer ses extrémités par rapport à la lisse
d'hourdi. L'estain sera là aussi pour lui donner sa position
correcte.
En tout cas, nous devons prendre
garde à ce que toutes les barres donnent aux virures de la
carène la bonne direction afin qu’elles échouent dans la râblure
de l'étambot.
1e méthode
La réalisation des barres
d'écusson ne demandent pratiquement plus aucune explication :
elles sont simples de construction. Elles se placent sur
l’étambot après avoir placé un estain qui pren