
Historique :
Vaisseau
de 64 canons LE FLEURON du
Constructeur
Blaise Ollivier 1729
Le
Fleuron, Vaisseau du troisième rang de 64 canons, construit à Brest l'an
1729 par les sieurs Ollivier père et fils (et brûlé dans la rade de
Brest le premier février 1745), par Blaise-Joseph Ollivier, constructeur
de la Marine (vers 1739). Blaise-Joseph Ollivier (1701 - 1746), fils
de Joseph-Blaise (Les Ollivier furent, aux XVII° et XVIII° siècles,
constructeurs de navires pendant plusieurs générations.
Blaise-Joseph,
notamment, fut un ingénieur de premier ordre : il « construisit
d'excellents vaisseaux aux qualités manœuvrières particulièrement
brillantes » (E. Taillemite) ;il
a en outre beaucoup écrit et dessiné, mais n'a rien fait imprimer :
cf. Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. 38, col. 649-650, et
Taillemite, Dict. des marins français, p. 254). Décrit longuement les
caractéristique du Fleuron et énumère les diverses campagnes
auxquelles il a participé :
-campagne
du Grand
Banc
(1732),
-campagne
du Nord (1733), campagne
de Dantzig (1734)
-campagne
de Guinée (1737), campagne
de Stockholm (1739). Contient six planches donnant des vues en plan et en
coupe longitudinale et axiale du navire. Au début du volume est insérée
une lettre d'Ollivier adressée de Suisse à Monsieur Barbé à Brest.
Ex-libris de Gustave Labat, à Bordeaux.
65 pages + 6 feuillets (dont 4 dépliants).
175 x 115 mm. Ms 288 : Etat des ingénieurs, des années de leurs réception,
résidences, et de leurs appointements.
Liste dressée en 1714, de 305 ingénieurs
entrés en fonction de 1666 à 1714.
Il s'agit des ingénieurs militaires
chargés de la construction et de l'entretien des places fortes et des
ports ; pour chaque nom sont indiqués le lieu d'exercice et le
montant des appointements.

La rade de Brest
OLLIVIER
(Blaise)
(Toulon
1701 - Brest 20.10.1746)
TRAITE
DE CONSTRUCTION 
Par
Blaise Ollivier constructeur des Vaisseaux du Roi, 1736 et « Le
Fleuron »
.jpg)
Vaisseau de troisième rang de 64 canons construit à Brest l'an 1729 par
les Sieurs Ollivier père et fils. Nice, Editions Omega,
Fils
de Joseph Ollivier, sous-maître constructeur à l'arsenal de Toulon,
Blaise suivit son père, muté à Rochefort en 1720 où il obtient en 1722
un brevet de sous-maître constructeur. En 1724, il est affecté avec son
père (nommé maître-constructeur) à l'arsenal de Brest. En 1728, il
effectue sur « l'Achille » de 74 canons, une campagne de
plusieurs mois qui va lui permettre d'analyser à la mer le comportement
de ce bâtiment. En 1729, le ministre Maurepas confie à Joseph et Blaise
Ollivier la construction d'un vaisseau de 64 canons particulièrement réussi:
le « Fleuron », mis à l'eau en avril 1730.
En
1734, Blaise est chargé de la construction de deux galiotes à bombes
puis, en 1735, d'un vaisseau de 74 canons:
le « Dauphin
Royal » ,
reconnu comme l'un des meilleurs de l'époque.
commandé par M du Tertre de
Montalais capitaine de vaisseau avec à son bord 9 compagnies du
régiment de Bourgogne. Pour l'anecdote, M. de Suffren, le futur
amiral, héros de la campagne des Indes de 1781-82, est
lieutenant de vaisseau dans l'état-major du Dauphin Royal.
(États de service du Bailli de Suffren. Archives de la Marine).Il
participe aux combats des Cardinaux en 1759, d'Ouessant en 1778
et aux trois combats de Guichen en 1780. Il n'est radié qu'en
1783 avec 45 ans de service, ce qui est une durée de vie
exceptionnelle
En 1736, Blaise obtient le
brevet de maître-constructeur. En 1737, il réalise à la demande de
Maurepas, une enquête sur les marines anglaises et hollandaises. En 1739,
ayant la « Direction générale des travaux du port de Brest »,
il met en construction .
Le « Mars »
de 64 canons.
En 1740, il met en chantier Le « Royal
Louis »,
vaisseau 3 ponts de 124 canons, le plus grand bâtiment construit
jusqu'alors. Malheureusement, ce vaisseau fut détruit sur son chantier
par un incendie en décembre 1742.
En 1742, il débute la construction de « l'Alcide » ,
vaisseau de 64 canons et instruit à Brest de jeunes sous-constructeurs (J.L.
Coulomb, J. Chapelle, Clairin-Deslauriers) et son fils aîné Joseph. Il
reçoit la même année la croix de chevalier de l'Ordre de Saint-Louis.
En 1744, il réalise la flûte le
« Chameau ».
En 1745, il construit sur le même plan 3 vaisseaux de 74 canons:
le
« Monarque »,
le « Sceptre »
et « l'Intrepide ».

Il est décédé à Brest le 20 octobre 1746.
Blaise
Ollivier marque dans le domaine de l'architecture navale la rupture avec
le conservatisme hérité du 17e siècle. Il est le novateur de la
« période savante » illustrée également par les travaux de
Pierre BOUGUER et le rôle de DUHAMEL DU MONCEAU. C'est ainsi qu'il est le
premier à effectuer les calculs du déplacement de la carène et de la
pesanteur d'un bâtiment quand il construit le « Fleuron » qui
est sa première réalisation importante.
Vaisseau
de 64 canons LE FLEURON du constructeur Blaise Ollivier 1729
Le Vaisseau le Fleuron est daté du 5 avril 1729,
Monsieur Blaise Ollivier aura la
charge de concevoir et de réaliser, avec son père, constructeur lui-même,
le vaisseau de 64 canons Le Fleuron.
Ce
bâtiment se place dans une période de transition entre les héritages du
XVIIème siècle et les notables améliorations que ce constructeur
apportera quelques années plus tard.
Monsieur Blaise Ollivier nous a laissé un devis très complet de ce bâtiment ainsi que plusieurs manuscrits
de Traités de construction . La conservation de ces sources et la préservation
des dessins des sculptures ont permis à Monsieur
Delacroix, de réaliser
une monographie très complète servant de base à la réalisation de mon
projet.

Cliquez
sur la photo
pour voir les Plans d'Epoque
La construction commença le 20 juin 1729 à Brest
et la mise à l'eau à lieu le 29 avril 1730.
Le
16 juillet 1730, Le Fleuron est achevé mais il n'a pas encor ses soutes
ni sa sculpture. Ses fonds se sont imbibés d'eau.
Le
11 Octobre 1730, il a toute sa sculpture.

(Sculptures extraordinaires réalisées par
Monsieur
Vanhouche)
Tous les aménagements intérieurs sont terminés le 20 février 1732 et
Monsieur Blaise Ollivier, note qu'il à un arc de quille de 4po (extrait
des Notes de Blaise Ollivier: "
La Méthode des Anglois
d'achever les Vaisseaux sur les chantiers et de calfater entièrement avant
de lancer à l'eau, est un des moyens qui contribuent le plus efficacement
à retarder l'arc des Vaisseaux. Pour nous au contraire, nous lançons un
Vaisseau dès que son second pont est bordé ou seulement garni d'iloires,
et dès que ses œuvres mortes sont achevées jusqu'à la seconde
batterie. Dans quelques uns de nos ports on ne calfate même pas jusqu'à
la hauteur de flottaison et de là vient que les Vaisseaux s'arquent dés
l'instant qu'ils sont mis à l'eau. Nous n'avons aucune bonne raison à
donner en faveur de l'usage ou nous sommes de mettre les Vaisseaux à
l'eau avant de les achever, car que l'on soit pressé ou non, on paut
finir un vaisseau à terre avec autant de diligence ou autant de lenteur
qu'a la mer. Que le vaisseau pèse mille tonneaux quand on le lance ou
qu'il pèse 1500 tonneaux il n'est pas plus difficile de le mettre a l'eau
d'une façon que de l'autre; on est au contraire plus assuré de réussir
lorsqu'il pèse le plus parce que tout corps mis en mouvement plus il est
pesant et plus il acquiert de vitesse à mesure qu'il se meut sur un plan
incliné .Notre méthode à cet égard n'étant donc autorisée que par
l'usage nous pourrions y renoncer pour nous conformer à celle des anglois
et nous y trouverions l'avantage de retarder l'arc des vaisseaux. Le
vaisseau de 100 canons qui est sur les chantiers à Porsmouth a déjà sa
poulaine en place, ses porte - haubans, ses soles de bouteille. Je ne vois
rien de plus simple, de plus naturel que d'achever ainsi un vaisseau à
terre et je ne vois conçois point comment et pourquoy s'est introduit
l'usage de diviser en deux parties la construction d'un vaisseau, d'en
faire les deux tiers à terre et l'autre tiers à la mer avec une liaison
insufisante pour resister à l'arc auquel ses deux extremités
tendent.")
Le
5 avril, on a commencé à lester Le Fleuron.
Le
24 avril débute la campagne du Grand Banc
le
8 mai 1732 Le Fleuron a mis les voiles avec Le Brillant,
Vaisseau
de 56 canons pour la Campagne du Grand Banc. Il est commandé par M. de
Gouyon et est armé de 60 canons dont 12 de calibre 24 livres en fonte et
bronze. Il est monté par 400 hommes d'équipages sans
compter l'Etat Major. Lors de cette campagne sont notées les grandes
qualités du Vaisseau :
¤Il
porte bien la voile;
¤
Il a des mouvements extrêmement doux.
¤
Il gouverne parfaitement.
¤
Il marche mieux que tous les Vaisseaux avec qui il s'est éprouvé, sa
supériorité paraît davantage à la bouline en ce qu'il dérive peu et
gagne toujours au vent.
¤Tous
ceux qui ont navigué sur Le Fleuron ou l'ont vu naviguer, le regardent
comme un vaisseau parfait.
Les
dimensions principales de ce vaisseau sont :
longueur
145 pi 8 po (47.20m)
largeur
39 pi 4 po (12.73m)
creux
18 pi 2 po (5.88m).
Le
Fleuron est bien caractéristique de l'Ecole Française du début du XVIIIème
siècle. Les méthodes de fabrication des vaisseaux n'ont pas encore subi
l'influence des constructions anglaises ou hollandaises qui feront évoluer,
quelques années plus tard, l'architecture navale française. Le Fleuron méritera
bien son nom car il sera un des meilleurs navires de la flotte de Louis XV.
Les
remarques à son sujet sont fort éloquentes : "tous ceux qui ont
navigué sur Le Fleuron ou qui l'ont vu naviguer le regardent comme un
vaisseau parfait".
Son
armement est constitué de 24 canons de 24 livres en fer sur le premier
pont, 26 canons de 12 livres au second pont
et
10 canons de 6 livres sur les gaillards.
Cet
armement se réduit à 60 canons en période de paix.
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C'est le 20 février 1732
que le Vaisseau est complètement achevé.

Croquis des Edtions Ancre
Après plusieurs campagnes
honorables; le Vaisseau
brûlât dans la rade de
Brest le 1 février 1745
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