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La quille

 

 

 

C'est la première et la principale pièce d'un bâtiment de mer. C'est la pièce qui s'étend dans la plus grande partie de sa longueur et sur laquelle sont appuyés l'étrave, l'étambot et les membres. Elle se présente sous la forme d'un parallélépipède rectangle et est composée, dans le sens de la longueur, de plusieurs pièces réunies par des assemblages dits à écarts longs pratiqués sur le tour.

 

Dans tous les vaisseaux, son épaisseur de bâbord à tribord est d’environ deux pouces moins grande que sa largeur, et on doit veiller à ce qu'aucun écart ne soit placé au-dessous des mâts.

 

 

Les écarts de quille

Line Callout 1 (No Border):    Poupe
Poupe                                         

 


 

 Proue

 

 

 

Actuellement dans toutes les monographies, de haut niveau, tous les écarts son représentés et positionnés correctement.

 

A l'assemblage il faut diriger l'extrémité supérieure de l'écart, celle qui est la plus rapprochée du dessus de la quille, vers l'avant du vaisseau, cette règle sera toujours respectée sur tous les modèles.


  

 

 

 

 

 

 

La longueur des écarts est égale à quatre fois et six fois au plus, la hauteur de la quille et pour déterminer leur inclinaison, il faut partager chaque extrémité des éléments en quatre parties égales sur la hauteur et réunir le premier quart d'un élément au troisième quart de l'autre.

 

Si l’on travaille d’après un plan de chantier ou d’archives d’un musée quel qu’il soit, il faut alors connaître la manière de les réaliser.

 

 

Anciennement, les écarts de la quille présentaient des adents plus ou moins multipliés et propres à résister aux efforts de traction longitudinale.

 

Des gabarits

 

 

Nous voici donc renseignés sur les écarts de quille. Avant de passer à la réalisation de la quille, voyons d’abord les gabarits, soucieux des anciennes méthodes, nous imiterons ces maîtres charpentiers des temps jadis. Ainsi, nous réaliserons des gabarits pour presque toutes les pièces entrant dans la construction du modèle. Ce qui permet de mieux nous imprégner du tracé du plan, d'y déceler toutes les subtilités, et mieux comprendre la forme des éléments et leur fonction.

 

Pour réaliser correctement une pièce, il faut en connaître sa forme et sa fonction.

Le gabarit permet de tracer plusieurs fois la même pièce sans avoir constamment recours au plan, (un accident étant toujours possible). Il permet de tracer avec facilité sur une planchette, en positionnant au mieux le suivant la direction du fil du bois. Le gabarit donne aussi la possibilité de vérifier la plupart des pièces après leur réalisation. Il est un élément de première importance dans la construction de notre modèle. Exactement comme il l'était, pour les maîtres charpentiers, sur les chantiers de construction, du temps passé.

 

Pour les couples, les gabarits seront réalisés pour chaque pièce, conformément à la division faite préalablement et indiqué sur ceux-ci par Monsieur Boudriot.

Ils seront soit calqués sur bristol, soit photocopiés. La meilleure manière est bien sûr la photocopie.

Les contours seront alors découpés avec le plus grand soin. On ne doit pas omettre d’indiquer les tracés des lignes d'eau. Idem pour les extrémités des sections des membres formant la charpente. Il ne faut pas oublier de les accompagner de signes conventionnels qui les désignent d'une manière nette. Chaque gabarit doit porter le nom de la pièce qu'il représente, ainsi que celui du couple auquel il appartient, couple 1 AV, couple 2 AV, pour les couples de l’avant, ou 1 AR, 2 AR,  pour les couples de l’arrière etc.

Des gabarits sont réalisés pour toutes les pièces de chaque plan du couple, de telle manière qu'en les plaçant bout à bout on reproduise la disposition de l'un des plans du couple. En superposant les deux jeux de gabarits, nous devons reproduire exactement le couple.

Lorsque nous passerons à la confection de ces gabarits d'échantillonnage, d'autres explications seront données, il en sera de même pour les gabarits d'équerrage, les couples ne pouvant être valablement réalisés sans le concours de ceux-ci.

Les tracés sont donc toujours extérieurs aux gabarits, ils sont alors en trop, il faut les éliminer par ponçage que nous verrons.

 

 

 

Réalisation de la quille

 

 


 

Pour une bonne mise en route, débutons notre modèle par la pièce la plus simple et qui se trouve être la première pièce d’un vaisseau, la quille. Pour la réaliser il faut une petite scie circulaire dont sa table de travail est réglable en hauteur et, si possible, inclinable à 45°. Une perceuse montée en scie circulaire convient aussi,(photographie ci-dessus, la table est inclinée à 30° pour réaliser la râblure).

La quille ne présente aucune difficulté ; même pour les non initiés, il n’est pas nécessaire de passer par les gabarits.

Réglons la table de travail à l’horizontal, et la hauteur de coupe de telle sorte que les dents de la scie dépassent l'épaisseur de la planche réservée pour la réalisation de la quille.

Découpons les pièces sans nous préoccuper de leur longueur et des écarts, nous laissons simplement le tracé, c'est-à-dire laisser carrément le trait de traçage, nous scions alors, suivant les termes du métier, en gras.

Traçons les quatre éléments de la quille de n’importe quel modèle, les pièces qui les composent sont pratiquement toujours les mêmes, sauf parfois leur nombre, respectons toutes les proportions données.

Réalisons les quatre éléments de la quille et mettons les à la longueur voulue, réalisons ensuite les écarts. Tout ce travail est très facile.

 


 

Il faut savoir qu’il n’est pas possible de scier sans devoir retoucher la pièce après sciage. Aussi, pour ne pas perdre de temps à vouloir suivre un trait hypothétique je scie toujours la pièce en gras, laissant pour cela largement le tracé apparaître. Ensuite à la ponceuse, dans un premier temps, enlèver uniquement les irrégularités de la scie avant de faire disparaître le tracé, qui est toujours en trop puisque extérieur au gabarit utilisé.

Voyons l’étrave et son allonge, le brion, les quatre éléments de quille, l’étambot avec son contre étambot. Des éléments intérieurs à la quille sont également représentés, tel que la carlingue, le faux étambot, la contre étrave, la contre étrave et la pièce de remplissage. La fausse quille n’est pas représentée, cette pièce n’étant pas toujours sous la quille de tous les vaisseaux. Toutes ces pièces se trouvent sur le plan de n’importe quelle monographie.

Après avoir réalisé les 4 éléments de la quille, voyons la râblure.

 

 

Râblure

 

 

Les bordages s'assemblent avec la quille, l'étrave et l'étambot dans une rainure à section triangulaire, nommée râblure. Ses trois arêtes reçoivent chacune un nom particulier : la première est nommée indifféremment "trait supérieur ou intérieur de la râblure" ; la deuxième est le " fond de râblure" et la troisième s'appelle " le trait inférieur ou extérieur de râblure".

En premier lieu, faut tracer la râblure, sous la forme d'un triangle équilatéral, d'un bout à l'autre de la quille. Nous travaillons alors la face intérieure de la dite râblure (râblure qui présente des obliquités variables formant la prolongation des couples jusqu’au au trait du milieu de la râblure).

Les quatre éléments de la quille doivent maintenant être façonnées. Celle-ci a dans sa forme première, le profil d'un triangle équilatéral sur toute la longueur de la quille.

 

Nous pouvons la réaliser de trois manières différentes : 1er manuellement : 2 ; A la scie ; 3; Au tarabiscot.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

La première manière est de la réaliser manuellement. Traçons les trois traits de la râblure sur les quatre éléments de la quille.

Cela étant fait, pour parvenir à un travail parfait, il faut maintenant délimiter les trois traits en sectionnant le fil du bois. Avec un bistouri ou tout autre outil parfaitement tranchant, pratiquons de la manière suivante : sur toute la longueur de la râblure, les traits extérieurs de celle-ci seront légèrement entaillés verticalement, de manière à sectionner superficiellement fil du bois. On donne ensuite, plus ou moins d'inclinaison à l'outil pour pénétrer plus profondément le bois en direction du trait du milieu de la râblure. Nous faisons ainsi plusieurs passages successifs.

 


  

 

 

 

 

Après avoir sectionné les fils du bois du tracé extérieur de la râblure, on entaille verticalement le trait du milieu à la profondeur demandée, ce qui permet alors de ne travailler et ne dégager qu'un demi-triangle à la fois.

L'étrave et l'étambot se travaillent de la même manière.

 

Deuxième méthode

 

Pour les parties rectilignes, la râblure peut se tirer très facilement à la scie circulaire.

Là aussi il faut la rectifier. Réglons très soigneusement l'inclinaison et la profondeur de coupe.

Positionnons ensuite le guide pour tirer la râblure.

Ajustons maintenant la hauteur de coupe de la lame de manière à obtenir la profondeur désirée à la dite râblure.

Ensuite, réglons et fixons, sur la table de sciage, le guide à une dis­tance telle que la section de la quille glis­sant le long du guide et par-des­sus la lame, et re­çoive sa râblure à la posi­tion indi­quée sur le plan

 

Réalisons ainsi nos quatre éléments sur leurs deux faces.

Pour la section arrière, celle qui reçoit l'étambot, arrêtons la râblure à environs un ou deux centimètres de son extrémité (pour ne pas prendre de risque), et terminons la dite râblure manuellement. Dans ce cas, nous n'obtenons pas la forme d'un triangle équilatéral, qui se trouve être la forme première de notre râblure, sauf si nous la retravaillons manuellement. Dans le premier cas, il n'y aura qu'une petite erreur au maître couple, puis­qu'elle aura un angle de 90° au lieu de 60°.

L'erreur ne sera là, que dans la partie centrale, au niveau du maître couple, mais nous pouvons avoir bien plus de satisfaction encore, si nous réalisons la râblure avec le tarabiscot.

 

Troisième méthode, le tarabiscot


  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous allons travailler la râblure avec un outil portant le nom de tarabiscot.

Qu'est-ce qu'un tarabiscot ?  C'est un outil que les maîtres menuisiers et les ébénistes utilisaient déjà à l'époque des grands vaisseaux pour creuser ou moulurer.

Nous allons donc utiliser les mêmes moyens pour notre modèle. Cela va grandement faciliter notre travail, aussi bien pour la râblure que dans la mouluration.

Ce qu'il y a de séduisant avec cet  outil, c'est que nous allons pouvoir réaliser, non seulement des droites, mais aussi des courbes, telles que des étraves, des jotteraux, des guibres, etc.

 

La réalisation de cet outil est simple, on toujours trouve, dans le commerce, des plaquettes en acier doux d'environ 0,5 millimètres d’épaisseur, voir même un couteau de peintre. On sectionne une partie suffisante pour façonner l’outil, on l’usine en conséquence pour lui mettre un manche, comme pour un racloir (voyons le croquis).

Pour confectionner cet outil, un petit tour facilite le travail, mais n’est pas indispensable, les petites limes sont suffisantes souvent les queues de rat, pour certaine moulure.

Concernant le talon ou guide, il faut obligatoirement enlever toute sa barbe de manière à ce que cette partie ne serve qu’à guider et non attaquer le bois. Quant à la forme en triangle, la partie coupante, nous devons impérativement lui lais­ser toute sa barbe intacte, car elle seule donne le taillant.

Avec un tel outil, nous pouvons assembler toutes les sections de la quille avec l'étrave, avant de réaliser la râblure. Celle-ci étant toujours parallèle à la face supérieure ou inté­rieure de la quille et de l'étrave, le guide ou talon du tarabiscot va donc positionner la râblure parallèlement à la face de référence. Il ne faut pas faire de mouvement de va et viens pour sont utilisation, mais simplement faire plusieurs passages successifs dans un sens, nous tirons alors la râblure sans aucune difficulté. Seul le premier passage est délicat afin de donner la route à suivre à l’outil.

 

Si nous réalisons la râblure de l’étrave avec le tarabiscot ; la râblure doit se faire sans la contre étrave. Nous ne pouvons tirer une moulure ou râblure que parallèlement à une face de référence.

 

La clef du succès réside dans la barbe que nous donnons comme taillant.

 

La râblure tirée, il faudra retoucher sa face intérieure pour obtenir l'inclinaison variable, mais seulement après avoir placé et collé la contre-quille. Seul le niveau inférieur des épaulements de celle-ci donnera le niveau de l’angle d’inclinaison à donner à la face intérieure de la râblure.

 

 

La Quille du Fleuron

 

 

Préparations des pièces pour

 la découpe à la scie à chantourner

La quille et les premiers éléments de la contre quille, reposent sur le chantier